
Cet automne, si vous désirez poser un geste simple pour aider la biodiversité, vous pouvez commencer par… en faire un peu moins ! Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, les feuilles mortes ne sont pas un déchet à éliminer à tout prix. Elles constituent un précieux refuge pour les pollinisateurs et de nombreux insectes utiles qui passeront l’hiver bien au chaud sous leur couverture naturelle.
La meilleure approche
Soyons honnêtes : laisser toutes les feuilles partout n’est pas nécessairement la meilleure solution. L’objectif est plutôt de trouver le bon équilibre, soit :
- Déchiqueter les feuilles sur la pelouse lorsque la couche est modérée.
- Conserver des feuilles dans les plates-bandes, sous les arbres, les arbustes et dans les zones naturelles.
- Créer un petit coin refuge pour la faune sur votre terrain.
- Ramasser seulement l’excédent lorsque les feuilles risquent d’étouffer le gazon.
Déchiqueter les feuilles : simple comme un passage de tondeuse
Avant de sortir les sacs à feuilles, retirez simplement le sac récupérateur de votre tondeuse. Passez sur les feuilles tombées au sol pour les réduire en petits morceaux. Elles se décomposeront plus rapidement, nourriront le sol et se glisseront entre les brins de gazon sans former un tapis étouffant. Si les feuilles sont abondantes, un deuxième passage peut être utile. L’excédent pourra ensuite être déplacé dans les plates-bandes ou votre coin refuge.
Un terrain plus accueillant pour les pollinisateurs
Sous les feuilles mortes hivernent des abeilles indigènes, des papillons, des coccinelles, des coléoptères et de nombreux organismes qui enrichissent nos sols et contribuent à l’équilibre naturel de nos jardins. Les endroits les plus utiles pour eux ne sont pas au centre de la pelouse, mais plutôt sous les arbres, les arbustes, dans les haies et les plates-bandes.
Créez un refuge en quelques minutes
Vous pouvez poser un geste concret dès cet automne :
- Choisissez un coin tranquille du terrain.
- Laissez-y une couche de 10 à 20 cm de feuilles mortes.
- Conservez quelques tiges de vivaces jusqu’au printemps.
- Ajoutez quelques petites branches ou pierres.
- Évitez de nettoyer cet espace avant la mi-mai.

Un petit geste qui rapporte gros
Un simple espace naturel de 2 m × 2 m peut accueillir des centaines d’insectes et d’organismes bénéfiques pendant l’hiver. C’est une façon facile de contribuer à la protection de la biodiversité, tout en gardant une cour attrayante et une pelouse en santé.
Au printemps : patience avant le grand ménage !
Après un long hiver, il est tentant de nettoyer rapidement son terrain. Pourtant, plusieurs insectes utiles sont encore cachés dans les feuilles mortes, les tiges sèches et la végétation au moment de la fonte des neiges. Un nettoyage trop hâtif peut détruire les abris où ils terminent leur hivernation.
Pour protéger cette petite faune :
- Attendez idéalement jusqu’à la mi-mai ou au début juin avant de nettoyer les coins refuges.
- Évitez de souffler ou de retirer toutes les feuilles dès la fonte des neiges.
- Faites un léger ratissage seulement là où c’est nécessaire.
- Laissez les tiges sèches de vivaces en place le plus longtemps possible.
- Évitez de retourner le sol ou de perturber les zones naturelles du terrain.
En laissant la nature se réveiller à son rythme, vous offrez une chance aux abeilles indigènes, aux papillons, aux coccinelles et à plusieurs autres alliés du jardin de compléter leur cycle de vie.
Cet automne, laissons tomber… le ramassage excessif des feuilles !
Retirez le sac de la tondeuse, déchiquetez les feuilles sur la pelouse, conservez-en une partie sous les arbres et les arbustes, puis laissez la nature faire son œuvre. Au printemps, résistez à l’envie du grand ménage trop tôt. Parfois, la meilleure façon d’aider la biodiversité est simplement de lui laisser un peu de temps et d’espace.
À l’écoute de la nature

